Mes deux filles ne se parlent plus : ce que dit la recherche, et que peut faire un parent
Quand deux enfants adultes ne se parlent plus, le parent se retrouve au milieu, souvent sans l'avoir voulu. Les études décrivent la rupture entre frères et sœurs comme une réalité documentée, et l'une d'elles relie la tension entre enfants adultes au favoritisme que chacun perçoit chez son père, pas chez sa mère. Elles ne disent pas qui a tort.
Si vous avez cherché « mes deux filles ne se parlent plus », vous portez peut-être une double inquiétude : le silence entre elles, et la crainte d'être en cause. Voici ce que disent les travaux que j'ai lus, et leurs limites.

Mes deux filles ne se parlent plus : est-ce fréquent ?
Dans l'enquête nationale du sociologue Karl Pillemer (université Cornell, 2020), menée auprès de plus de 1 300 Américains, 27 % des adultes avaient coupé le contact avec un membre de leur famille ; 8 % étaient brouillés avec un frère ou une sœur, et 10 % avec un parent ou un enfant.
Ce sont des données américaines, et la rupture y est mesurée par l'arrêt du contact : elles donnent un ordre de grandeur, pas votre situation.
Le favoritisme perçu pèse sur la tension entre frères et sœurs
En 2013, Megan Gilligan, J. Jill Suitor, Seoyoun Kim et Karl Pillemer ont étudié 341 enfants adultes, issus de 137 familles, dont les parents avaient entre 70 et 80 ans. Selon le communiqué de l'université Purdue, le favoritisme que les enfants percevaient chez leur père prédisait la tension entre frères et sœurs, davantage chez les filles que chez les fils. Le favoritisme perçu chez la mère n'avait pas cet effet.
Il s'agit de favoritisme perçu, c'est-à-dire du sentiment de chaque enfant, et de tension entre frères et sœurs, pas de rupture : ce n'est pas la preuve que vous avez favorisé l'une de vos filles.
Ce que ces études ne disent pas
Elles ne disent pas qui a tort, ni que le parent est responsable. Elles décrivent des associations, dans des familles américaines, avec des parents âgés : chaque famille a son histoire.
Que peut faire un parent quand deux enfants ne se parlent plus ?
Ce qui suit est ma proposition, pas un résultat de recherche. Trois réflexes qui évitent d'ajouter de la tension :
écouter chacune séparément, sans rapporter à l'autre ce qu'elle a dit ;
ne pas comparer vos filles, même pour les encourager ;
ne pas poser d'ultimatum, par exemple en exigeant qu'elles se parlent pour une fête de famille.
Si l'une de vos filles s'est aussi éloignée de vous, lisez « Ma fille a coupé les ponts » et « Je suis déçue par ma fille adulte ». Pour écrire à celle qui s'éloigne, « Lettre à mon fils qui ne me parle plus » vaut aussi pour une fille.
Pour aller plus loin
Si l'une de vos filles s'est aussi éloignée de vous, le guide gratuit « Les 7 erreurs qui éloignent définitivement votre enfant — et le premier message qui peut rouvrir la porte » vous aide à ne pas aggraver les choses. Livré immédiatement, en toute confidentialité.
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Sources (lues à la source le 18 octobre 2026) : Cornell Chronicle, 10 septembre 2020, à propos de l'enquête de Karl Pillemer (livre « Fault Lines ») ; Gilligan, Suitor, Kim et Pillemer, « Differential Effects of Perceptions of Mothers' and Fathers' Favoritism on Sibling Tension in Adulthood », Journals of Gerontology: Series B, 68(4), 2013, d'après le communiqué de l'université Purdue du 8 juillet 2013. Études américaines.
Si cette épreuve vous plonge dans une détresse profonde, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de l'accompagnement. Ces contenus sont un soutien, jamais un substitut. — Élise Lennox
