Peut-on déshériter son enfant qui ne parle plus ? Ce que dit la loi

En France, un parent ne peut pas priver son enfant de sa part minimale de succession : c'est la réserve héréditaire. Elle représente la moitié du patrimoine avec un enfant, les deux tiers avec deux, les trois quarts avec trois ou plus. Le reste, la quotité disponible, vous pouvez le donner à la personne de votre choix.

Si vous vous posez la question « peut-on déshériter son enfant ? » parce qu'il ne vous parle plus, c'est que la douleur est vive. Voici ce que dit la loi, d'après la page des notaires de France, et ce que cela change, ou pas.

Une femme d'une soixantaine d'années, assise à une table, un stylo immobile au-dessus d'une feuille de papier vierge

Peut-on déshériter son enfant en France ?

Non, pas entièrement. Selon la page des notaires que j'ai lue, lorsque le défunt laisse des enfants, ceux-ci sont héritiers réservataires : une part de la succession leur revient quoi qu'il arrive. Seule la quotité disponible peut être donnée ou léguée à toute personne de votre choix.

La loi prévoit aussi qu'un héritier déclaré indigne est exclu de la succession ; ses propres enfants peuvent alors le représenter. Cette page ne détaille pas les cas d'indignité, et je ne les décris donc pas : c'est une question pour un notaire.

Quelle part reste libre selon le nombre d'enfants ?

  • un enfant : la moitié du patrimoine en réserve, l'autre moitié disponible ;

  • deux enfants : les deux tiers en réserve, un tiers disponible ;

  • trois enfants ou plus : les trois quarts en réserve, un quart disponible.

La fraction de réserve se partage entre tous les héritiers réservataires. Le patrimoine pris en compte est celui qui existe au jour du décès, dettes déduites, auquel s'ajoutent fictivement les donations déjà faites (art. 922 du Code civil, cité par la page).

Que se passe-t-il si un testament dépasse la part libre ?

Si les libéralités dépassent la quotité disponible, il y a atteinte à la réserve. Les héritiers réservataires peuvent alors en demander la réduction à hauteur de la part excessive (art. 921). Ce que vous auriez écrit au-delà de la part libre pourrait donc être réduit à la demande de vos enfants.

Et si votre enfant renonce ou décède avant vous ?

Dans ces cas, selon la même page, ses propres descendants viennent à la succession à sa place : on parle de représentation. Vos petits-enfants peuvent donc hériter à la place de leur parent si celui-ci renonce, décède avant vous ou est déclaré indigne.

Et si vous avez un conjoint ?

Lorsque les descendants sont en concours avec un conjoint survivant, la loi permet de le gratifier par une donation entre époux ou un testament, avec plusieurs formules possibles (art. 1094-1). Ces règles se combinent avec la réserve : un notaire fait le calcul sur votre situation.

Ce que cela change dans la relation

Ce qui suit est mon avis, pas du droit. La loi répond à la question du patrimoine ; elle ne répond pas à celle qui se cache derrière, c'est-à-dire ce que vous voulez dire à votre enfant. Un testament ne se lit qu'après vous : il ne rouvre aucune porte, et il peut fermer celle que votre enfant garde peut-être entrouverte.

Si vous êtes à ce stade, relisez « Combien de temps attendre avant d'essayer de renouer ? », ou, si votre enfant vous a dit que vous étiez « toxique », « Mon enfant me dit que je suis toxique ». Et si le sujet de fond est de rester en lien avec vos petits-enfants, « Le droit de voir ses petits-enfants » décrit leurs droits.

Cette page des notaires présente les règles générales : elle ne remplace pas un notaire, qui seul peut vous conseiller sur votre situation. Elle ne dit rien de ce qu'il serait bon de décider.

Pour aller plus loin

Avant toute décision définitive, le guide gratuit « Les 7 erreurs qui éloignent définitivement votre enfant — et le premier message qui peut rouvrir la porte » vous aide à voir ce qui peut encore être tenté. Livré immédiatement, en toute confidentialité.

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Sources (lues à la source le 26 octobre 2026) : Conseil supérieur du notariat (notaires.fr), « La réserve héréditaire : principe et protection », qui cite les articles 729-1, 921, 922 et 1094-1 du Code civil. Information générale, pas un conseil juridique.

Si cette épreuve vous plonge dans une détresse profonde, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de l'accompagnement. Ces contenus sont un soutien, jamais un substitut. — Élise Lennox